Le chien est parti

Par James Howard Kunstler – Le 14 janvier 2022 – Source kunstler.com

The White House Has Become a Militarized Island in Downtown DC | Washingtonian (DC)

Les médias parlent beaucoup ces jours-ci de la personne qui sera le colistier de « Joe Biden » en 2024 – non pas qu’il y ait quelque chose de mal avec son acolyte actuel – mais j’ai bien envie de me lancer dans la course. Nous serions deux à avoir une moitié d’esprit et une chance d’atteindre l’idéal, jusqu’ici insaisissable, de gouverner le moins… et donc de gouverner le mieux !

Hélas, je n’ai pas les relations et le jeu de terrain d’un politicien chevronné tel que Liz Cheney, la favorite actuelle, qui a traîné son vieux père estimé, Dick Cheney (« le cerveau de George W. Bush ») au Capitole cette semaine, pour faire la cour au caucus progressiste et remonter le moral des morts-vivants. Là où Dick Cheney s’avance, on sait que la guerre n’est pas loin derrière. Ce doit être ce dont l’Amérique a vraiment besoin pour se remonter le moral en ces jours d’affaissement des sondages et de gonflement des dollars. La guerre, l’ivermectine de la politique !

Mais s’agira-t-il d’une guerre étrangère ou d’une guerre civile ? N’est-ce pas là la question ? D’après l’apparence des choses autour de la Maison Blanche de « Joe Biden », où une étrange fortification en béton est en train d’être hissée sur la pelouse nord à l’heure où j’écris, il semble qu’ils préparent une action sur le front intérieur, peut-être un assaut complet par les forces de la suprématie blanche qui rôdent – des sauvages peints en coiffe à cornes qui crient MAGA-MAGA-MAGA en pillant le dressing du Dr Jill.

Le procureur général, M. Garland, nous a mis en garde contre cette armée satanique de démons rétrogrades. Ils se reproduisent comme des mouches dans les collines et les sous-bois des États Rouges, ils pullulent et bourdonnent dans les réunions des conseils scolaires, ils caressent leurs AR-15 en se prosternant devant leurs casquettes pro-Trump, ils complotent pour priver les BIPOCs de leurs votes. Ils aimeraient attacher la démocratie au pare-chocs arrière d’un Ford Alpha F-150, la traîner sur 10 km de bris de verres de bouteilles Southern Comfort, et donner ce qui reste aux porcs. Ils doivent être arrêtés !

Sauf que… et s’ils ne se matérialisaient pas ? Peut-être qu’une guerre étrangère serait mieux accueillie par les médias sociaux et The View. Notre ennemi juré, Vlad Poutine, manipulateur d’élections suprêmes, s’apprête à envahir l’Ukraine, nous dit-on. Évidemment, cela interférerait avec le projet de « Joe Biden » de faire de l’Ukraine le cinquante-et-unième État américain. Lorsque le secrétaire d’État, Tony Blinken, a mentionné cela à Sergei Lavrov, le ministre russe des affaires étrangères a soufflé de l’eau minérale par le nez sur toute la table de conférence. Est-ce qu’une petite dispute amicale à propos de ce triste pays pourrait remonter le moral de l’Amérique… et faire tourner l’économie à plein régime ? Remonter le moral de tous ces décrocheurs de la population active qui dédaignent les bons emplois qui les attendent dans les entrepôts d’Amazon et les allées-de-frites de Mickey-D ? Mettre un frein à tous ces sniffeurs de fentanyl… ? Tout ce visionnage de porno… ? Renverser la longue glissade maladive de l’Amérique dans son propre fantasme hollywoodien d’apocalypse zombie ?

Eh bien, je dois être franc : probablement pas. Cela ne fera probablement qu’accélérer le voyage de l’Amérique vers les fosses politiques de l’enfer (et celui de l’Ukraine vers son sous-espace spécial). Quelle serait notre stratégie dans cette guerre contre l’Ukraine ? Armer l’Ukraine avec le tout dernier matériel de combat américain et la laisser s’attaquer à l’armée russe positionnée le long de la frontière des Oblasts de Donetsk et de Luhansk ? Ça va marcher, j’en suis sûr. Appelez cela l’opération Roulette russe, mais avec une balle dans chaque chambre. Voyez-vous, ce n’est pas un fait généralement accepté par les professionnels de l’armée mondiale que l’Ukraine dispose – comment dire ? – d’une force de combat bien disciplinée et expérimentée. J’espère que cela ne vous offense pas.

Si cela ne semble pas être un plan de jeu viable, est-ce que « Joe Biden », Tony Blinken et Lloyd Austin pensent vraiment que nous transporterions un nombre x de divisions de troupes américaines à 10 000 km du Kansas pour affronter ces divisions russes qui se trouvent à la limite de leur propre pays ? Jetez un coup d’œil à la carte du monde et considérez le tableau logistique. Pas très favorable pour nous, n’est-ce pas ? Un long chemin pour réapprovisionner nos filles et nos garçons en uniforme en barres Kit-Kat fraîches.

Ok, disons que ce chien ne chasse pas, quoi d’autre alors ? Un défaut de nos vieux missiles balistiques intercontinentaux, qui attendent patiemment dans leurs silos rouillés depuis des décennies la chance de faire leur truc ? C’est-à-dire transformer le monde en cendrier ? Je vous le donne en mille : Dr. Strangelove re-fait comme un documentaire…. Nous vivons un rêve, c’est vrai.

Que diriez-vous de cette idée : laissez l’Ukraine tranquille. Si la Russie a l’intention de la dominer, et alors ? Pendant la majeure partie de notre vie, l’Ukraine a été une province virtuelle de la Russie, pour ainsi dire, et cela ne nous a fait aucun mal. Idem pour nos grands-parents et tous les rangs de nos ancêtres. Et maintenant, c’est un problème ? Serait-il possible que l’Ukraine ne soit tout simplement pas notre affaire (au sens le plus littéral du terme) ?

Pendant ce temps, l’affaire de la Covid-19 éclate de manière spectaculaire en omicron – mais pas de manière très dommageable – dans le monde entier, présageant une fin bienvenue à cette urgence mondiale inventée, et pourtant les nations membres du club de la Civilisation occidentale (dont beaucoup sont également enrôlées dans l’OTAN) poursuivent leur expérience de tyrannie alors même que la fin de la Covid-19 soit en vue. En dépit de la preuve accablante que les vaccins à ARNm ne fonctionnent pas et qu’ils causent en fait de graves dommages aux personnes, la société civile occidentale s’efforce toujours de vacciner comme une folle tous les citoyens. Hier, la Cour suprême a rejeté le mandat de Joe Biden concernant la vaccination des entreprises, et le « président » a déclaré que les entreprises devraient ignorer cette décision et obliger leurs employés à se faire vacciner de toute façon.

Si ce n’est pas de la folie pure, qu’est-ce que c’est ? Du moins, parmi la cohorte de notre pays qui est sensible à cette folie, ce qui n’est en fait pas la majorité des gens de ce pays. Par conséquent, j’ai des nouvelles pour vous : nous sommes maintenant à un tournant. Les Américains rejettent la folie bleue. Nous sommes sur le point de traîner ce vieux chien bleu dans sa niche, où il pourra se calmer pendant deux ans avant d’être abattu pour de bon. Et encore une ou deux choses : « Joe Biden » ne se présentera plus à la présidence, et Liz Cheney ne se présentera plus au Congrès, ni à quoi que ce soit d’autre. Bon retour à la réalité. Laissez le soleil briller à l’intérieur.

James Howard Kunstler

Pour lui, les choses sont claires, le monde actuel se termine et un nouveau arrive. Il ne dépend que de nous de le construire ou de le subir mais il faut d’abord faire notre deuil de ces pensées magiques qui font monter les statistiques jusqu’au ciel.

Traduit par Hervé pour versouvaton.wordpress.com

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